Slow-dye

Brouillon d'un livre à paraître...

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12.12 Extractions alcalines: le cas du coton

Pour l'instant, je teste la teinture du coton et du lin en extractions alcalines à la Jenny Dean.

J'ai depuis plusieurs semaines des seaux qui marinent avec diverses plantes (en nouet) dans de l'eau du robinet basifiée à un pH de 10 à l'aide de soude. J'ai publié les résultats sur laine et soie, mordancées à 8% alun et 4% crème de tartre. Jenny Dean ne mordance pas nécessairement, puisqu'elle cherche à reproduire les gestes de ses ancêtres celtes; mais je préfère commencer par cela: tout le monde au mordançage et hop!

Le seul défaut de l'alun est que la couleur semblerait moins durable (lumière/lavage) qu'avec du fer/cuivre (voir les tests officiels sur internet), des techniques comme les monobains acides ou le symplocos (info orale, par Michel Garcia, selon ses tests propres). Son défaut n'est PAS qu'il serait toxique (l'alun, pas Garcia). Le billet sur le sujet arrive, patience..

Ce serait pas mal que ça fonctionne pour le coton/lin:

1/ je ne dois pas rester à côté du fait-tout, je dépose l'écheveau et je le laisse mariner une nuit; c'est bien pratique pour les hyperactifs à multiples activités
Bouillon classique: que pourrais-je bien faire quand j'attends une heure que ça cuise? Ranger la pièce? Non mais allo quoi...

2/ le coton adddddore les milieux très basiques, ça devrait lui convenir; imaginez que c'est comme s'il souriait et ouvrait les fibrilles dans cet état, pour que la couleur pénètre mieux - ce qu'on obtient aussi avec la cuisson.
D'ailleurs c'est ainsi qu'on a découvert comment obtenir de belles couleurs sur coton (un abbé dont je n'ai plus le nom, avant le XIXe): combiner l'alun avec une belle dose de soude.

3/ MAIS le coton ne prend pas aussi vite la couleur que mesdemoiselles laine et soie; généralement il faut un vrai bouillon pour ce petit monsieur. Ou un semi-bouillon (amorcé à 80°C puis gardé chaud, sans même le système de marmite norvégienne).

Go!

Avant-hier, j'ai donc procédé en série avec cinq pelotes de coton blanc, achetées en brocante sociale à Nivelles (Le bric, ils n'ont jamais assez de pub!):


ce n'est que dans les livres de teinture que l'environnement est nickel comme une clinique... ici j'ai dû migrer dans la buanderie en sous-sol - mais c'est pas une excuse: la casserole est dans cet état là... achetée en brocante, elle était pas vaillante; avec mes teintures, ça s'est pas amélioré... mais c'est le résultat qui compte n'est-ce pas?

NB1. Deux écheveaux n'ont pas été décatis de la sorte: un bouclé coton a trempé deux jours dans un bain d'EM; un blanc mercerisé n'a pas été lavé du tout.

Résultats: dans trois jours.


C'est le même tuyau (achat brico professionnel; on le découpe à mesure soi-même) que j'utilise pour les teintures en cuve indigo organique. On doit trouver un système pour la fibre ne touche pas le fond, riche en chaux, qui pourrait gâter la matière. Je cale le tuyau sur les bords de la cuve, un peu couché: la fibre est immergée, mais ne touche pas le fond.

Quand je fais des petits tests de quelques centimètres ou grammes (ici: bourdaine en extraction alcaline puis indigo), j'utilise un bout de plastique trouvé en rue. Il doit provenir d'un jouet pour enfant. Bien pratique, le cercle du dessus me permet de l'accrocher au bord de la cuve.


Continuons sur l'indigo. Je teste pour l'instant les impressions textiles avec mordants, comme nos Anciens, mais avec la technique modernisée par Michel Garcia.

J'ai appliqué au pochoir sur coton non mordancé du gel d'alun et du gel de fer; puis du gel citrique sur le fer; séché, fixé; trempé dans l'indigo.

C'est un petit bout de coton de 10/10cm, un test improvisé lors d'autres manips..

  1. Pourquoi le gel d'alun à droite produit une partie bien blanche et l'autre jaunâtre?
  2. J'aime bien l'effet violet du fer quand il est coupé de blanchissant citrique; j'aime moins (en haut) la tache de fer sans contours.

Je poursuis en plus sérieux cette première improvisation.