Slow-dye

Brouillon d'un livre à paraître...   

  

Connaître sa terre de jardin

J'amorce un petit jardin tinctorial conjoint à un potager. En biodynamie, ascendant permaculture. Dossier Petit à petit l'oiseau fait son nid, page 15

J'ai l'habitude d'une terre très lourde, argileuse, dans mon jardin de ville. Lorsque je l'ai aménagé il y a plus de vingt ans, je l'ai agradé à fond avec du sable du rhin et de la tourbe (pardon, gaïa, je ne savais pas à l'époque). Plllein de ces ajouts: de l'ordre de 10cm de haut sur toute la surface. J'y cultive désormais ce que je veux, contrairement à ce que me prédisait ma voisine: "tu perds ton temps, tu n'auras que des rosiers".

Je travaille dès ce printemps dans ce jardin bio partagé à 5 kms de chez moi. J'aimerais savoir ce que j'ai en main comme terrain, plutôt que de tester à l'aveugle.

J'ai suivi le raisonnement selon l'organigramme de chez Nicolas, du potagerdurable. Conclusion: la terre de notre potager partagé doit être limoneuse.

J'ai testé aussi en versant du vinaigre et du bicarbonate de soude: elle est légèrement calcaire. Bizarre car les fraisiers de mes voisins de potager semblent prospérer, or ils aiment les terres acides. Je suis curieuse d'apprendre si oui ou non la paille en couverture acidifie le sol. Ce qui expliquerait cette apparente contradiction.



Voir en vidéo le geste:



C'est donc une terre fertile, facile à travailler mais qu'il faut éviter de compacter en la piétinant et qui croûte si on ne la paille pas.

Pailler cette terre limoneuse: j'ai déjà bien pratiqué le paillage sauvage dans mes premiers potagers où je couvrais le sol des désherbages, des détritus de cuisine, de ce qui me tombait sous la main comme brindilles que je cassais grossièrement à la main, de paille quand j'en avais. Cela avait été si efficace que je compte bien continuer. Ce n'était pas très esthétique, je l'accorde. Raison pour laquelle j'ai élaboré une structure esthétique et planté plein de fleurs, pour distraire l'attention de mes détritus autour des plantes. Voisins obligent.

Chaque terrain demande des gestes particuliers. Je sais par exemple que les petits pois demandent à ce que la terre soit travaillée à deux bêches de profondeur, pour pouvoir bien s'installer. Je teste si, dans ce limon-là, je peux simplement biner un peu, plutôt, avant de déposer les semences. La loi du moindre effort. J'ai testé sur deux lignes de pois, que j'ai fait germer quelques jours dans ma cuisine auparavant. Dans une troisième ligne, j'ameublis selon les règles. J'y sème les mêmes variétés, aussi prégermées. Et on verra bien si les pois plantés en terrain peu travaillé seront chétifs ou pas.

Les semis de carottes: je ne teste pas, à l'intuition je sais qu'il faut ameublir sérieusement.

Mes plantes tinctoriales sont toutes assez solides pour ne pas demander de travail du sol pharaonique: garance, pastel, indigo, etc. Pour celles-ci, je procéderai comme avant: je remue un peu la terre sur 5cm de diamètre, +- 15cm de profondeur, je plante la plantule semée en intérieur ou la semence. Je resserre la paille autour. Je ne dois donc pas ameublir sur un long sillon.

Pour les pommes de terre plantées il y a quelques jours, je fais encore plus simple. Je soulève les 15cm de paille que j'ai étalée en octobre. Je dépose une patate. Je recouvre. Et voilà, et dieu dit que c'était bon. Pas de travail du sol, débrouillez-vous, lombrics & Cie, pour faire le boulot à ma place.

La seule complication avec mon mode sauvage de plantation: comme je ne fais pas de lignes, comment retrouver mes petits? Je plante des brindilles à chaque plante et je note bien sûr dans mon carnet à spirales, selon le nom des zones (facile, vu la composition de mon jardin en rosace).

Je suis très enthousiaste de découvrir comment travailler dans ces nouvelles circonstances. Je relaterai les résultats de mes tests en fin de saison.

 



  lire page 16: Qui suivre au potager?